Philippe Iannetta

Que suis-je devenu depuis 2022 ? - Épisode 5

Bonjour à tous ! 🙂

Si vous n’avez pas lu les épisodes précédents, je vous invite à aller y jeter un coup d’œil pour que vous ayez un peu de contexte :

Comment j’ai quitté mon CDI

Lorsque j’ai eu validé les tests d’entrée pour rentrer en ATE, s’est posée une question plus complexe : comment prendre 6 mois de disponibilité pour réaliser la formation sans compromettre le reste de ma vie professionnelle ? Cette question en englobait d’autres, tout aussi compliquées :

  • Comment financer et monter mon dossier d’ATE ?
  • Comment partir de Spie dans les meilleures conditions (sans mettre mon équipe en difficulté, notamment) ?
  • À quelle date pourrais-je rentrer en formation ?

Ces questionnements impliquaient de la transparence et que l’on s’organise au plus tôt. Malheureusement, il n’était pas possible de monter un dossier de financement tout en étant en poste. Je trouve cela affligeant, car tout le monde n’a clairement pas la possibilité de se lâcher des deux mains juste pour savoir si la possibilité d’être aidé existe. Car, je le précise, il faut être au chômage pour demander le financement MAIS cela ne signifie absolument pas que vous en obtiendrez un.

Vous le voyez venir gros comme une maison, mais c’est ce qui m’est arrivé. Après avoir réussi à partir de Spie dans des conditions très favorables (j’en profite d’ailleurs pour remercier ma hiérarchie & RH, s’ils lisent un jour ces mots, je leur en suis très reconnaissant), j’ai pu faire mes demandes… et, en quelques jours et semaines, j’ai vite compris que rien ne me serait accordé. Il me fallut donc prendre une nouvelle décision difficile : s’autofinancer ou ne pas s’autofinancer ?

L’ATE : Préparation

Après encore plusieurs semaines de réflexion, j’ai décidé de ne pas mettre un terme à mon projet et de m’autofinancer. J’avais parcouru tout ce chemin, m’arrêter là me faisait vraiment mal au cœur. En réalité, plusieurs facteurs sont entrés en jeu :

  • J’avais sérieusement besoin d’une pause de l’IT. Ne me voyant pas encore y retourner, cette voie s’imposait d’elle-même.
  • Je ressentais au plus profond de moi qu’il n’était pas encore temps de cloturer ce chapitre. J’ai toujours trouvé un certain sens dans l’équitation et mon rapport aux chevaux. Croyant sincèrement qu’ils m’aideraient une nouvelle fois à voir plus clair dans ma vie, il fallait que je poursuive cette aventure.

L’ATE : Une entrée en formation chaotique mais enrichissante

La formation devait commencer en mai 2026. Encore une fois, vous me voyez venir avec mes gros sabots, je n’ai pas eu de chance. De mi-mai, la date de début a été décalée à fin mai, puis début juin, et finalement fin juin.

Durant tout ce temps, il a fallu s’occuper. J’écrivais, je faisais du sport (beaucoup de course à pied, je le détaillerai dans un prochain post), je travaillais sur mon homelab, et je vous passe toutes les autres activités (il y en a un certain nombre, on pourrait écrire un article complet dessus).

Bref, durant tout ce temps, j’ai eu l’occasion de recommencer à douter…

Je dois admettre que cette période ne fut pas évidente pour moi. Je n’aime pas être inactif, j’ai besoin de bien remplir mes journées. Sauf que je les ai tellement remplies de tout, sauf de l’équitation, que je me suis peu à peu rendu compte que mes doutes étaient très sérieux, et légitimes. Peu à peu, j’ai entrevu une vérité que je n’accepterai qu’après mon entrée en formation : je n’avais plus envie de faire cette formation. Après avoir organisé toute ma vie autour d’elle, je pourrais comprendre votre incompréhension en lisant ces mots. Il m’a fallu des mois pour l’accepter, et une réelle remise en question.

Bref, je vous épargnerai les détails, mais après seulement deux semaines là-haut, j’ai compris qu’il n’était pas utile de m’imposer d’aller au bout de ce projet. Il m’a encore fallu quelques semaines à y réfléchir calmement pour pleinement l’accepter, mais je ne reviendrai plus en arrière. J’ai cloturé proprement ce chapitre de ma vie, et je suis content de l’avoir fait. Si je n’étais pas monté dans le Vercors et traversé toutes les étapes préparatoires, je me serais demandé toute ma vie si ce projet aurait pu être viable. J’ai désormais la certitude que je suis sur le bon chemin, et que ce dernier n’implique plus l’équitation à un niveau professionnel. Fort de cette conviction, je me sens extrêmement soulagé.

Je pense qu’avec ce projet, je cherchais en partie à fuir une situation d’inconfort dans l’IT, d’une certaine façon, mais aussi à me prouver que je pouvais appartenir à ce monde de l’équitation qui m’a toujours tellement fasciné.

J’aime énormément les chevaux et je ne veux désormais plus essayer de transformer ma passion en une activité professionnelle. Je ne voudrais surtout pas mettre en péril cet amour que j’ai pour eux en faisant quelque chose qui ne me conviendrait finalement pas.

La course à pied : une révélation ?

Pour ceux qui ne l’auraient pas fait, je vous invite à lire mon article sur ma saison 2025 où j’explique comment je me suis progressivement remis à la course. Cela vous donnera davantage de contexte.

Je ne sais pas si l’on peut vraiment parler de “révélation”, ce serait un mot qui me donnerait plus d’importance que je ne mérite. Disons plutôt que j’ai toujours eu envie d’explorer ce “potentiel”. Je ne parle pas du potentiel d’un grand coureur, plutôt de quelqu’un qui a une génétique décente et qui veut savoir jusqu’où il pourrait aller. Lorsque j’aurai publié mon post sur ma saison 2026, vous comprendrez ce que je veux dire. Je suis très heureux des progrès que j’ai fait cette année mais ma pratique de la course à pied m’a aussi fait remettre en question mes autres hobbies. Pas parce que je les aime moins, juste parce que je ne souhaite pas les prioriser.

Cela me permet de faire le lien avec l’équitation : j’avais peur de me blesser et de ne plus pouvoir courir. Tout le temps où j’étais dans le Vercors, endroit parmi mes préférés au monde, je n’arrêtais pas d’y penser, et cela m’empêchait d’apprécier mon séjour à sa juste valeur. Je ne pensais qu’au fait que cela risquait de faire obstacle à mes projets de course à pied, où je me fais tellement plaisir.

Avez-vous déjà vécu une chose similaire ? Si oui, n’hésitez-pas à partager ! 😉

Un truc qui ressemble à une conclusion, s’il vous please ?

Je m’obstine à structurer mes posts (à échouer, je veux dire 🤣), c’est hallucinant… Bon, je vais m’efforcer de faire un semblant de conclusion à ce schmilblick.

Quitter mon CDI confortable chez Spie fut-il une erreur ? Non, je ne crois pas. Cette expérience fut-elle une erreur ? Non, je ne le crois pas non plus et mon entourage ainsi que mes amis proches m’ont dit partager cet avis. On ne peut pas briller dans tous les domaines, et cela me va parfaitement.

Si je fais le bilan de mon expérience ATE, elle m’a permis d’aller de l’avant à bien des égards. Faire le PSC1, m’intéresser davantage aux notions d’orientation, de bivouac, d’encadrement de randonnées dans de bonnes conditions de sécurité; J’ai découvert un super club de course d’orientation sur Grenoble (le GUC, allez y jeter un coup d’œil !); Pendant environ un an et demi, elle m’a motivé à progresser à cheval, à dépasser mes peurs et devenir ainsi une meilleure version de moi-même. Si je regarde en arrière, je trouve difficile de n’y voir qu’un échec. Non, l’aventure s’est terminée plus tôt qu’anticipée, mais c’était un choix réfléchi de ma part, pas un acte subi. Si je devais retourner en arrière, je m’acharnerais tout autant à suivre les mêmes traces.

En bref, cette expérience m’a permis de comprendre que ce n’était pas mon chemin et de clôturer ce chapitre de ma vie, qui restait entrouvert depuis toutes ces années.

Si je devais faire le bilan de mon chomage, il m’a lui aussi été bénéfique. Il m’a permis de prendre du temps pour moi et donner du temps à d’autres. J’ai pu commencer à apprendre le piano, m’entraîner dur en course à pied, préparer ma formation, écrire (que ce soit ici ou sur d’autres projets dont je vous parlerai assurément une prochaine fois) et j’en passe, car je pourrais faire un post complet sur ces quelques mois qui ont été extrêmement bien remplis.

Je l’oubliais presque mais… cet épisode 5 est le dernier de cette première série de posts. Il y en aura d’autres, je vous rassure. J’aime bien ce format par épisodes. Pour moi qui aime bien faire long, ça permet d’alléger un petit peu le tout. J’espère qu’elle vous aura plu (j’imagine, si vous vous êtes embêté à lire jusqu’ici…) et je vous souhaite un excellent week-end ! 😉