Philippe Iannetta

Ma saison de course à pied 2025 : Une reprise progressive post-blessure

Un historique de course complexe

Comme bien des gens, j’ai eu l’occasion de pratiquer la course à pied (entre autres sports) à l’école, n’y prenant comme la plupart que peu de plaisir. Vint ensuite le collège, où il fallut courir davantage, souvent en relais avec des équipes de niveau plus ou moins homogènes et des camarades que l’on apprécie plus ou moins, puis faire le cross annuel. Je ne dirais pas que je n’aimais pas du tout ou que je passais un mauvais moment, car j’ai toujours été assez sportif, mais je n’y brillais pas spécialement non plus.

À l’époque, j’étais bien meilleur nageur que coureur. La course était une activité qui ne m’appelait pas le moins du monde, qui ne m’inspirait pas de passion ou de sens particulier qui m’aurait poussé à y chercher une performance ou une certaine réalisation personnelle.

Au lycée, je commençai peu à peu à y prendre davantage plaisir, à me rendre compte que j’avais des capacités en sommeil et que je pourrais les exploiter. Ce ne furent que les prémices de ma prise de conscience que j’avais un potentiel (je ne dirai certainement pas celui d’un futur coureur de classe mondiale, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit, mais du moins d’un bon amateur départemental, pour commencer). En première et en terminale, j’eus pour la première fois des envies de courir de ma propre initiative.

Au sein de l’établissement où j’étudiais, nous avions la chance d’avoir à notre disposition des infrastructures exceptionnelles pour nous entraîner. Lorsque j’en avais le temps, de temps en temps, pas encore avec une grande régularité mais c’était mes débuts, je fis mes premiers footings, puis mes premiers tours de stade. J’avais déjà travaillé autour d’un stade, bien sûr, mais c’était différent, car cette fois je me l’imposais, et non quelqu’un d’autre.

Tandis que je découvrais petit à petit mes capacités, je ne me doutais nullement du danger auquel je m’exposais : la blessure.

J’avais encore cette naïveté propre à la jeunesse, celle qui vous fait croire que vous êtes invincible, qu’écouter son corps est inutile et que vous vaincrez quoi qu’il arrive si vous vous accrochez malgré la douleur. J’étais bien loin d’imaginer à quel point je me trompais en accumulant chaque semaine toujours plus d’heures de sport. Entre l’éducation physique, la natation, l’équitation, le VTT, le renforcement musculaire que je pratiquais n’importe comment, et la course où je ne m’échauffais pas assez… L’inéluctable finit alors par se produire.

Petite parenthèse pour ceux qui ne connaîtraient pas bien le principe d’echauffement, je vous mets ce lien vers un excellent article pour vous donner une chance de cesser de faire les mêmes erreurs en boucle.

Par méconnaissance de mon corps et des méthodes de prévention des blessures, je me suis fait mal de nombreuses fois, entre syndrômes divers, mal de pied souvent dû au port de chaussures trop usées, tendinopathies, etc. Puis, finalement, en janvier 2025, je réussis là où j’avais toujours échoué.

Mais qu’ai-je fait différemment ?

Une reprise post-blessure d’une prudence extrême

En décembre 2024, guéri des nombreuses blessures que j’avais connu depuis suffisamment longtemps, j’ai décidé de me remettre à la course à pied.

J’avais refait avec succès de l’équitation, du badminton et quelques footings très courts sans me faire mal et, ayant enfin retrouvé l’envie et la confiance nécessaire à la réalisation de ce projet, je décidai de m’y remettre dès le mois de janvier 2025. Cette fois-ci cependant, je ne voulais plus reproduire les mêmes erreurs. Plus question de ne pas écouter mes mauvaises sensations ou de reprendre comme une brute dès le départ.

Pour prendre le moins de risque possible, j’ai commencé simplement par des promenades différentes. Je me promenais beaucoup à pied, j’ai donc progressivement introduit de la course dans ces promenades. Les premières sorties, je courais très peu, pour être tout à fait honnête. J’avais si peur de la blessure. Je faisais quelques foulées, parfois tenant quelques minutes, puis je remarchais. Tout mon mois de janvier s’est déroulé ainsi, habituant progressivement mes articulations et mes muscles à refaire cet effort, à ces impacts répétés sur le goudron, qu’ils avaient oublié et craignaient tant.

Vers mi-février, si mes souvenirs sont exacts, j’ai pu augmenter légèrement, courant de plus en plus et marchant de moins en moins, dépassant peu à peu mes craintes et mes douleurs initiales.

Je vous passe les détails des mois qui ont suivi mais j’ai rapidement récupéré mon niveau précédent une fois que la confiance est revenue, vers mars ou avril. C’est ainsi que j’en suis arrivé à la conclusion que l’heure était venue pour un nouveau défi.

Les Foulées de Voreppe : ma première course 🏃🥳

Ce défi, c’était ma toute première course de fond : l’ESSOR, une course de 5,65km à Voreppe.

Une nouvelle fois dans mon expérience de coureur, je fus naïf. Je n’imaginais pas un seul instant le niveau auquel j’allais être confronté, pensant me hisser facilement parmi les meilleurs en considérant les performances que j’atteignais sur les circuits que je pratiquais vers chez moi. Comme quantité de coureurs avant moi, je fis l’erreur de partir beaucoup trop vite, en tête du peloton, et j’eus évidemment du mal à finir la course.

Très rapidement dépassé, je me battis mentalement contre moi-même, et je finis en 28mins14s, une performance plus qu’honorable qui m’octroya la 19ème place du classement général… et l’envie de renouveler rapidement cet effort pour me prouver que je pouvais faire mieux.

Je me promis enfin de revenir en 2026 et de m’entraîner comme un démon pour finir dans les 5 premiers.

Un entraînement plus régulier au rythme des rencontres

En arrivant dans une nouvelle entreprise en juin 2025, j’ai rapidement fait la connaissance de plusieurs personnes avec qui j’ai non seulement sympathisé, mais qui m’ont beaucoup appris en course à pied. Ils sont devenus de véritables moteurs pour moi (ils se reconnaitront s’ils lisent un jour ces mots, je les remercie une nouvelle fois du fond du cœur). Je n’oublierai jamais que tous les conseils qu’ils m’ont prodigué m’ont permis d’atteindre le niveau que j’ai aujourd’hui (promis, vous en saurez plus lorsque je publierai le post suivant sur ma saison 2026).

Lorsque je courais seul, je ne me rendais pas compte du niveau des autres, restant très isolé dans ma pratique. En courant avec d’autres, d’abord à Voreppe puis avec des collègues et amis, ma pratique s’est ouverte à d’autres méthodes.

Pour vous donner un exemple concret, c’est notamment grâce à mes amis (un en particulier, surtout, que je ne nommerai pas) que j’ai redécouvert le principe de montre connectée. Je connaissais déjà, oui, mais je refusais catégoriquement l’idée, l’associant uniquement à un outil connecté supplémentaire dans ma vie. Dans un monde où l’on a déjà une tablette, un smartphone, un voire plusieurs ordinateurs… Je pensais que ce ne serait qu’une puce GPS en plus pour me tracer. Si je ne suis pas complètement revenu sur cette opinion, je reconnais aujourd’hui la fabuleuse utilité d’un tel outil pour les sportifs. Je ne le recommanderai toujours pas pour le grand public, qui n’a clairement pas l’utilité de toutes ces fonctionnalités, autrement que pour démontrer un certain statut social, mais c’est devenu un incontournable pour la majorité des coureurs compétitifs, je ne le nierai pas.

Si j’ai ralenti à l’hiver 2025 (notamment à cause d’un début de blessure en novembre que je ne voulais pas aggraver), je ne me suis pas arrêté de m’entraîner pour autant, et ce encore une fois grâce à ce même ami (qui m’a convaincu d’adopter la montre connectée), qui m’a motivé à continuer.

C’est à ce moment que j’ai compris que ma pratique passait au niveau supérieur. De coureur récréatif, je devenais petit à petit un amateur sérieux, avec des temps qui n’impressionneraient certes aucun professionnel mais déjà supérieurs à ceux de beaucoup d’amateurs. Ce constat me motiva à aller chercher encore plus loin. Pour cette année, je suis resté à deux séances, parfois trois par semaine, lorsque je n’avais aucune douleur suspecte nécessitant plus de récupération. En 2026, vous verrez que de nouveaux caps importants seront franchis, tant aux niveaux technique, que physique, matériel, organisationnel et théorique.

Mes résultats 2025 et conclusion

Voici une liste des courses auxquelles j’ai participé en 2025 ainsi que mes résultats.

Nom de la course Distance Chrono Classement Général
Foulées de Voreppe 5,65km 28mins14s 19ème
Course de la Rosière 5km 23mins14s 23ème
Ekiden de Grenoble 5km 24mins06s 163ème
Foulées d’Alpespace 5km 22mins04s 47ème

Pour ceux qui se poseraient la question concernant mon temps en individuel à l’Ekiden, je dirais deux choses. Le chrono que j’ai mis ci-dessus est celui de la ligne de départ jusqu’à la transmission du totem. De la ligne de départ à la ligne d’arrivée, j’ai en réalité plutôt mis dans les 23mins30s, ce qui est déjà plus cohérent avec mon niveau du moment. Par équipe, nous avons mis 3 heures, 22 minutes et 55 secondes. J’en profite pour féliciter une nouvelle fois mes coéquipiers, je n’aurais pu en demander de meilleurs. 😉

Allez, j’arrête ici cette rétrospective sur mon année 2025. Il y aurait encore beaucoup à dire, car j’ai essentiellement couvert la partie performance en course et reprise post blessure. Je parlerai davantage de mon entraînement dans mon prochain post sur ma saison 2026. Il est naturellement encore en cours de rédaction puisque la saison n’est pas encore tout à fait terminée. À l’heure où j’écris ces mots, il me reste encore la course de la Rosière et les Foulées d’Alpespace, où j’espère bien pulvériser mes chronos de l’an passé. Mais bref, je ne spoile pas plus !! À très vite pour un prochain post, et portez-vous bien ! 🙃